Les probiotiques buccaux sont des bactéries choisies pour vivre dans la bouche et la gorge, pas dans l'intestin. Le plus étudié s'appelle BLIS K12, une souche de Streptococcus salivarius qui fabrique deux molécules antibactériennes ciblant le streptocoque des angines. Le constat honnête en 2026 : le K12 réduit modestement la mauvaise haleine, surtout associé au brossage de la langue, et il a montré un effet net contre la mucite des patients sous radiothérapie. En revanche, deux grands essais randomisés, dont un publié en septembre 2026 sur 428 nourrissons, ne trouvent aucun effet préventif sur les otites chez l'enfant tout-venant. Et un autre essai de septembre 2026 montre que la souche disparaît de la bouche en une à deux semaines dès qu'on arrête de la prendre. Voici ce que les données établissent, ce qu'elles n'établissent pas, et comment lire une étiquette qui annonce « 11 milliards d'UFC ».
En bref
- Quel probiotique buccal pour quel usage
- Le microbiome buccal, l'autre microbiote
- BLIS K12 : une bactérie qui fabrique ses propres antibiotiques
- Ce que montrent les essais humains
- Le détail qui change tout : la colonisation ne tient pas
- Le paradoxe du bain de bouche
- Dosage et mode de prise
- Notre sélection
- Bon à savoir avant de commencer
- Ce qu'il faut retenir
- Questions fréquentes
Quel probiotique buccal pour quel usage
Avant le détail des études, la réponse courte. Tout dépend de ce que vous cherchez à corriger, et pour deux usages sur quatre, le geste qui compte le plus n'est pas la pastille.
Mauvaise haleine
Effet réel mais modeste, et seulement si la langue est nettoyée avant. Le K12 est la souche la mieux testée pour cet usage.
Bionaze K12 + BL-04, 80,48 € le mois
Plaque et dents
La souche sœur M18 réduit la plaque dans un essai sur 100 enfants. Un complément du brossage, pas un substitut.
Life Extension Florassist, 35,20 € le mois
Gencives
Les probiotiques à L. reuteri sont les plus vendus pour cet usage, avec des preuves jugées faibles par la méta-analyse de 2020.
BioGaia Prodentis, 15,24 € le mois
Angines à répétition
Des résultats encourageants mais sur des études fragiles. Chez l'enfant sans antécédents, aucun bénéfice démontré sur les otites.
Probactis Strep Kids, 49,99 € le mois
Le microbiome buccal, l'autre microbiote
On parle beaucoup du microbiote intestinal, beaucoup moins de celui de la bouche. Il compte pourtant plus de 700 espèces bactériennes, dominées par les streptocoques, selon la revue publiée dans Beneficial Microbes en 2011. Quand son équilibre se rompt, cela donne caries, gingivite, mauvaise haleine ou angines à streptocoque.
La réponse classique, brossage puis antiseptique, nettoie tout, y compris les bactéries utiles. Les probiotiques buccaux font l'inverse : installer des souches bénéfiques qui occupent le terrain. Un probiotique intestinal avalé ne fait pas ce travail, il ne fait que traverser la bouche. D'où l'intérêt de souches d'origine buccale, à laisser fondre.
BLIS K12 : une bactérie qui fabrique ses propres antibiotiques
Streptococcus salivarius est une espèce banale et inoffensive de la bouche. Certaines souches produisent des bactériocines, de petites protéines qui tuent les bactéries voisines : c'est le sens du sigle BLIS, pour bacteriocin-like inhibitory substances. L'équipe de John Tagg à l'université d'Otago, en Nouvelle-Zélande, a montré en 2007 que la souche K12 en produit deux, les salivaricines A2 et B, actives contre le streptocoque du groupe A, première cause bactérienne d'angine. Sa souche sœur, M18, cible plutôt la bactérie des caries.
Un point de transparence
- La recherche fondatrice a été menée ou financée par BLIS Technologies, la société issue de ces travaux, dont le groupe suédois Probi est actionnaire depuis 2021.
- La revue de synthèse la plus récente (Frontiers in Microbiology, 2023) est signée par quatre salariés de l'entreprise.
- Ce n'est pas disqualifiant, mais nous regardons en priorité les essais indépendants, ci-dessous.
Ce que montrent les essais humains
Le dossier est plus contrasté que ne le disent les fiches produits. Le verdict en un coup d'œil, avant le détail :
36,6 % de mucite sévère sous K12 contre 54,2 % sous placebo, sur 160 patients. L'essai le plus solide du dossier.
Effet confirmé par une méta-analyse de 10 essais, mais seulement avec nettoyage de la langue.
Baisses spectaculaires dans des études sans placebo. Les essais contrôlés sont jugés de mauvaise qualité.
Aucun effet dans deux grands essais en double aveugle, 827 enfants en 2023 et 428 nourrissons en 2026.
Angines à répétition : prometteur, mais sur des études fragiles
Les résultats les plus spectaculaires viennent des études italiennes de Francesco Di Pierro. En 2014, dans Drug, Healthcare and Patient Safety, son équipe suit 61 enfants ayant des angines streptococciques à répétition : 31 reçoivent du K12 pendant 90 jours, les 30 autres rien. Les épisodes d'angine streptococcique chutent de plus de 90 % dans le groupe traité, comparés à l'année précédente. Mais l'étude n'a ni placebo ni aveugle, et le groupe témoin n'a pas reçu de produit factice.
La revue systématique de Christopher Wilcox et de l'université de Southampton, publiée dans Clinical Microbiology and Infection en 2019, remet ces chiffres en perspective. Elle retient quatre essais randomisés totalisant 1 846 participants, et les juge tous de mauvaise qualité selon la grille de risque de biais Cochrane. Le plus grand d'entre eux, un essai pragmatique mené dans des écoles néo-zélandaises sur 1 314 enfants et publié en 2018 par l'université d'Otago, ne trouve pas de différence significative : 7,8 % de prélèvements positifs au streptocoque sous K12 contre 8,8 % sous placebo. Conclusion des auteurs de la revue : la souche est sûre, mais son rôle préventif reste à établir.
Otites de l'enfant : deux grands essais négatifs
C'est le point que les vendeurs passent sous silence. En 2023, l'équipe de l'hôpital universitaire d'Oulu publie dans JAMA Network Open un essai en double aveugle sur 827 enfants de 1 à 6 ans gardés en crèche en Finlande. Pendant six mois, ils reçoivent chaque soir 1 milliard d'UFC de K12 ou un placebo. Résultat : 8,2 % d'enfants avec au moins une otite traitée par antibiotique sous K12, contre 5,8 % sous placebo. Aucune différence significative, et la tendance va même dans le mauvais sens.
Le 3 septembre 2026, l'European Journal of Pediatrics publie l'essai de Caroline Halley et de l'université d'Otago, l'université même où la souche a été développée. 428 nourrissons néo-zélandais reçoivent du K12 ou un placebo chaque jour de 6 à 24 mois. Les otites diagnostiquées par un médecin touchent 37 % du groupe K12 contre 39 % du groupe placebo, un écart non significatif. Aucune différence non plus sur les infections respiratoires, les prescriptions d'antibiotiques ou les consultations. Les auteurs, qui ne déclarent aucun conflit d'intérêts, concluent que l'usage systématique pour prévenir les otites chez l'enfant de moins de deux ans n'est pas justifié. À notre connaissance, cet essai n'a encore été repris par aucun média francophone.
Mauvaise haleine : un effet réel, à condition de nettoyer la langue
L'halitose d'origine buccale vient surtout des composés soufrés volatils produits par les bactéries de l'enduit lingual. Une méta-analyse publiée dans le Journal of Breath Research fin 2025, portant sur 10 essais randomisés, conclut que les probiotiques réduisent significativement ces composés soufrés et améliorent l'odeur perçue, avec un effet plus marqué quand ils complètent une hygiène classique que lorsqu'ils sont pris seuls. Les auteurs signalent un risque de biais de publication et des effectifs souvent faibles.
Deux essais centrés sur le K12 dessinent le mode d'emploi. En 2020, une équipe de l'université de Pékin teste la souche chez 28 personnes ayant une halitose liée à l'enduit de la langue, sans nettoyage préalable de celle-ci : aucune différence avec le placebo. En février 2026, la faculté dentaire de l'université d'Otago répartit 80 participants en quatre groupes, témoin, K12 seul, brossage de langue seul, ou les deux. Après quatre semaines, les trois interventions réduisent les composés soufrés, mais seule la combinaison améliore le score d'odeur évalué par un examinateur, et c'est la seule dont l'effet persiste encore quatre semaines après l'arrêt.
Le K12 n'est pas un substitut au gratte-langue, c'est un complément. Les données convergent vers une séquence simple : brossage des dents, nettoyage de la langue, puis pastille à laisser fondre le soir. Prise seule, sur une langue chargée, la souche n'a pas fait mieux que le placebo. Pour cet usage, une formule centrée sur le K12 comme Bionaze K12 + BL-04 est plus cohérente qu'un mélange de sept souches dont aucune dose n'est détaillée.
Mucite sous radiothérapie : le résultat le plus solide
Le meilleur essai du dossier ne concerne pas le grand public. Publié dans le Journal of Clinical Oncology en avril 2024 par l'équipe de l'hôpital de Chine occidentale (université du Sichuan, Chengdu), il porte sur 160 patients traités par radiothérapie pour un cancer de la tête et du cou. Ils sucent trois fois par jour une pastille de K12 ou de placebo pendant toute la durée du traitement. La mucite sévère, ces ulcérations très douloureuses de la bouche, touche 36,6 % du groupe K12 contre 54,2 % du groupe placebo. Sa durée moyenne passe de 18,3 à 8,9 jours, et les auteurs ne déclarent aucun conflit d'intérêts.
C'est un contexte médical encadré, qui relève de l'équipe d'oncologie et non de l'automédication. Mais ce résultat compte pour le dossier : il montre que la souche peut produire un effet clinique mesurable en double aveugle, dans un essai indépendant de taille correcte.
Dents : la piste M18
Pour les caries, c'est la souche M18 qui a été testée. Dans un essai en double aveugle publié dans le Journal of Medical Microbiology en 2013, 100 enfants à forte activité carieuse reçoivent M18 ou un placebo pendant trois mois. Les scores de plaque baissent significativement sous M18, surtout chez ceux qui partaient des scores les plus élevés. Les comptages de S. mutans ne baissent en revanche que chez les enfants où la souche s'est le mieux implantée. Ce critère intermédiaire n'est pas une réduction des caries elles-mêmes, et l'essai a été mené par l'équipe de BLIS Technologies.
Le détail qui change tout : la colonisation ne tient pas
Un probiotique buccal n'agit que tant qu'il occupe la bouche. Combien de temps reste-t-il après l'arrêt ? L'essai de faisabilité publié dans BMJ Open le 15 septembre 2026 par l'université de Southampton apporte enfin une réponse chiffrée chez l'adulte. 53 adultes sujets aux maux de gorge ont pris des pastilles de K12 soit une fois par semaine, soit tous les jours pendant 14 jours. La présence de la souche a été mesurée par PCR sur des prélèvements buccaux.
Avec la prise quotidienne, le K12 est détecté chez 85,7 % des participants au septième jour et 59,1 % au quatorzième. Avec la prise hebdomadaire, ces chiffres tombent à 13,6 % et 19,1 %. Et une semaine après la fin de la cure, au vingt-et-unième jour, la souche n'est plus retrouvée que chez un seul participant sur l'ensemble de l'étude. L'essai a été financé par Bluestone Pharma, qui fournissait les pastilles Bactoblis, sans rôle déclaré dans l'analyse.
La conséquence pratique est nette. Le K12 n'est pas une « recolonisation » définitive comme le suggèrent certains emballages : c'est un apport à entretenir. Une cure de quelques jours ne laisse pas de trace durable, et la prise doit être quotidienne pour que la souche reste présente.
Étude de septembre 2026
Wilcox C.R. et al., « BLIS study: a feasibility randomised controlled trial assessing compliance, acceptability and colonisation with different dosing regimens of the probiotic supplement Streptococcus salivarius K12 (Bactoblis) in adults in England », BMJ Open, 15 septembre 2026. Colonisation détectée chez 85,7 % des participants au 7e jour en prise quotidienne, contre 13,6 % en prise hebdomadaire. Un seul participant encore colonisé au 21e jour.
Le paradoxe du bain de bouche
Le microbiome buccal ne sert pas qu'aux dents. Il participe à une voie métabolique que l'on commence à peine à prendre au sérieux : le cycle nitrate, nitrite, monoxyde d'azote. Le nitrate des légumes verts et de la betterave est concentré par les glandes salivaires, puis réduit en nitrite par certaines bactéries de la bouche. Une fois avalé, ce nitrite peut être converti en monoxyde d'azote, une molécule qui dilate les vaisseaux.
En 2013, l'équipe d'Amrita Ahluwalia à la Queen Mary University de Londres teste ce qui se passe quand on supprime ces bactéries. Dix-neuf volontaires en bonne santé utilisent un bain de bouche à la chlorhexidine pendant sept jours. La production de nitrite par la bouche chute de 90 %, le nitrite plasmatique de 25 %, et la pression artérielle systolique et diastolique monte de 2 à 3,5 mmHg. L'effet apparaît dès le premier jour. Les résultats sont publiés dans Free Radical Biology and Medicine.
Faut-il en conclure que le bain de bouche fait monter la tension ? Pas si vite. Une revue de la littérature parue dans BMC Cardiovascular Disorders le 16 septembre 2026 rassemble neuf études publiées depuis 2014 : cinq trouvent une élévation significative de la pression artérielle, quatre n'en trouvent pas. Les auteurs jugent l'ensemble trop hétérogène pour conclure. Ce que l'on peut dire sans excès : l'usage quotidien d'un antiseptique puissant n'est pas neutre pour l'écosystème buccal, et il n'a pas de sens si l'on prend par ailleurs un probiotique buccal, puisqu'il tuera aussi la souche.
Dosage et mode de prise
Les essais cliniques ont utilisé des doses de K12 comprises entre 1 et 2,5 milliards d'UFC par jour : 1 milliard dans l'essai finlandais de 2023 et dans les études italiennes, 2,5 milliards par pastille dans l'essai néo-zélandais en milieu scolaire. Une étude de tolérance publiée en 2011 dans Food and Chemical Toxicology a administré 10 milliards d'UFC par jour pendant 28 jours à 25 adultes, sans différence avec le placebo sur les analyses de sang ni sur les effets indésirables.
Le soir n'est pas un choix arbitraire. La nuit, le débit salivaire diminue fortement, ce qui laisse à la souche le temps d'adhérer aux muqueuses au lieu d'être emportée vers l'estomac. C'est la recommandation reprise par la plupart des fabricants et par les protocoles des essais pédiatriques.
Le point le plus important pour lire une étiquette : la dose qui compte est celle du K12, pas le total des bactéries. Une pastille qui annonce « 11 milliards d'UFC » mais mélange sept souches peut très bien contenir moins de K12 qu'un produit à 1 milliard de K12 seul. Si la quantité de chaque souche n'est pas indiquée, il est impossible de savoir si l'on est dans les doses étudiées.
Notre sélection
Nous avons passé en revue le 1er octobre 2026 les références vendues sur Amazon.fr sous les requêtes « BLIS K12 », « Streptococcus salivarius K12 » et « probiotique buccal ». Le constat est frappant : l'offre est abondante, mais rares sont les produits qui indiquent la dose de chaque souche. Et le K12 seul, en format adulte, est quasiment introuvable : la seule référence de ce type, NOW OralBiotic, était indisponible ce jour-là. Les quatre produits retenus ci-dessous ont chacun une logique claire et une composition lisible.
| Produit | Souches | Usage visé | Prix au mois |
|---|---|---|---|
| Bionaze | K12 + B. lactis BL-04, 3 Md UFC | Gorge, haleine | 80,48 € |
| Probactis Strep Kids | K12 seul + vitamine D | Gorge, enfant | 49,99 € |
| Life Extension Florassist | M18 (1 Md UFC) + L. plantarum L-137 | Dents | 35,20 € |
| BioGaia Prodentis | L. reuteri (200 M UFC) | Gencives | 15,24 € |
Relevé sur amazon.fr le 1er octobre 2026, prix pour 30 prises quotidiennes. Les quatre références étaient en stock ce jour-là.
Ce que nous avons écarté, et pourquoi
- Les mélanges de sept souches sans dose par souche. Plusieurs références très bien classées annoncent « 11 milliards d'UFC, BLIS K12 et M18 » en titre. La liste d'ingrédients révèle sept souches différentes, sans quantité individuelle. Impossible de savoir si le K12 y est présent à la dose des essais.
- Une souche hors du cadre européen. L'un de ces mélanges, vendu 18,99 €, contient aussi un « Streptococcus A12 ». Or l'entrée du catalogue européen des nouveaux aliments ne concerne que les souches K12 et M18 de S. salivarius (voir plus bas). Une autre souche de streptocoque n'est pas couverte par ce statut.
- Les prix sans rapport avec le contenu. Un produit à 100,63 € pour 60 jours ne dit pas davantage combien il contient de chaque souche que ses concurrents à 20 €.
Bon à savoir avant de commencer
Rien d'alarmant pour un adulte en bonne santé, mais quelques éléments valent d'être connus avant de commander.
Le statut réglementaire, souche par souche
Dans le catalogue européen des nouveaux aliments, l'entrée Streptococcus salivarius, mise à jour le 3 mars 2025, précise qu'elle ne concerne que les souches K12 et M18. Pour ces deux souches, l'usage en complément alimentaire n'est pas considéré comme nouveau, car il est documenté dans l'Union avant le 15 mai 1997. Elles peuvent donc être vendues en complément sans autorisation préalable. Le même texte précise que tout autre usage alimentaire pourrait être considéré comme nouveau et devoir être autorisé. Les autres souches de l'espèce ne bénéficient pas de cette entrée.
Aucune allégation de santé autorisée
L'EFSA n'a approuvé aucune allégation de santé pour le K12 ou le M18. Les mentions « prévient les angines », « protège des otites » ou « traitement de la mauvaise haleine », que l'on lit encore sur des fiches produits, ne sont pas autorisées pour un complément alimentaire dans l'Union. Quand une formule comporte de la vitamine D ou du zinc, c'est à ces nutriments que se rattachent les allégations immunitaires affichées, pas à la bactérie.
Qui devrait passer son tour, ou demander avis
- Une angine avec fièvre n'est pas un cas d'automédication. Le streptocoque du groupe A se diagnostique par un test rapide chez le médecin et se traite par antibiotique quand il est confirmé. Le K12 n'a pas montré de bénéfice en traitement aigu associé à la pénicilline.
- Les nourrissons et les jeunes enfants sans antécédents. L'essai de septembre 2026 ne trouve aucun bénéfice avant deux ans dans la population générale. Pas de raison d'en donner « au cas où ».
- Les personnes immunodéprimées ou porteuses d'une valve cardiaque. Les données de tolérance sont bonnes chez le sujet sain, mais ces profils n'ont pas été étudiés. Avis médical préalable.
- Les patients sous radiothérapie intéressés par les résultats de 2024 : la décision appartient à l'équipe d'oncologie, qui connaît le protocole et les interactions possibles.
Tolérance
Dans l'étude de tolérance de 2011 à 10 milliards d'UFC par jour, les effets indésirables étaient aussi fréquents sous placebo que sous K12. Dans l'essai de 2024 sur 160 patients, seuls deux ont signalé des troubles digestifs légers à modérés, flatulences ou dyspepsie. La revue systématique de 2019 qualifie la souche de sûre et bien tolérée dans l'ensemble des essais retenus.
Ce qu'il faut retenir
Les probiotiques buccaux sont l'une des idées les plus intéressantes du moment en prévention, parce qu'ils renversent la logique de la terre brûlée qui domine l'hygiène bucco-dentaire. Mais le marketing a pris plusieurs longueurs d'avance sur les preuves. Le K12 a un mécanisme élégant, une excellente tolérance et des résultats réels sur la mauvaise haleine quand on nettoie aussi la langue. Il ne prévient pas les otites chez l'enfant tout-venant, ses résultats sur les angines reposent sur des études fragiles, et il quitte la bouche en une à deux semaines quand on arrête d'en prendre.
La règle des 20 % qui comptent, ici, tient en trois gestes : brossage, nettoyage de la langue, et pas d'antiseptique quotidien sans raison. Le probiotique buccal vient en quatrième position, pour ceux qui ont un problème précis d'haleine ou d'angines à répétition, avec un produit qui dit clairement ce qu'il contient. Pour le microbiote intestinal, l'autre versant du sujet, notre guide des probiotiques et notre dossier sur Akkermansia muciniphila font le point.
Questions fréquentes
C'est un complément contenant des bactéries choisies pour s'installer dans la bouche et la gorge plutôt que dans l'intestin. Il se présente en pastille ou en sachet à laisser fondre, jamais en gélule à avaler. Les souches les plus étudiées sont Streptococcus salivarius K12, positionnée gorge et haleine, et M18, positionnée dents, ainsi que certaines souches de Limosilactobacillus reuteri pour les gencives.
Oui, modestement, et surtout en complément du nettoyage de la langue. Une méta-analyse de 10 essais publiée fin 2025 conclut à une réduction des composés soufrés responsables de l'odeur. Un essai de 2026 sur 80 personnes montre que l'association K12 et brossage de langue est la seule à améliorer l'odeur perçue et à maintenir l'effet quatre semaines après l'arrêt. Pris seul sur une langue chargée, le K12 n'a pas fait mieux qu'un placebo dans un essai de 2020.
Pour les otites, les deux plus grands essais disent non : 827 enfants finlandais en 2023 et 428 nourrissons néo-zélandais dans l'essai publié en septembre 2026, sans différence avec le placebo. Pour les angines à répétition, des études italiennes rapportent des baisses importantes, mais sans placebo ni aveugle, et une revue systématique de 2019 juge les essais disponibles de mauvaise qualité. Il n'y a pas d'intérêt démontré chez l'enfant sans antécédents.
Peu de temps après l'arrêt. Dans l'essai de l'université de Southampton publié dans BMJ Open en septembre 2026, la souche était détectée chez 85,7 % des adultes après sept jours de prise quotidienne, mais chez un seul participant une semaine après la fin de la cure. La prise doit donc être quotidienne et continue pour que la souche reste présente.
Les essais ont utilisé entre 1 et 2,5 milliards d'UFC de K12 par jour, en pastille à sucer le soir après le brossage. Une étude de tolérance a testé 10 milliards par jour pendant 28 jours sans effet indésirable particulier. Ce qui compte est la quantité de K12 elle-même : un total de « 11 milliards » réparti entre sept souches ne garantit pas une dose suffisante de K12 si la quantité par souche n'est pas indiquée.
Oui pour les souches K12 et M18 de Streptococcus salivarius en complément alimentaire. Le catalogue européen des nouveaux aliments, mis à jour le 3 mars 2025, indique que leur usage en complément n'est pas nouveau et ne requiert pas d'autorisation préalable. Cette entrée ne couvre que ces deux souches et ce seul usage. Aucune allégation de santé n'est autorisée par l'EFSA pour ces souches.
Sources scientifiques
- Halley C. et al. Preventing otitis media and respiratory tract infections with the oral probiotic Streptococcus salivarius K12. European Journal of Pediatrics, 2026;185(9):718
- Wilcox C.R. et al. BLIS study: a feasibility randomised controlled trial assessing compliance, acceptability and colonisation with different dosing regimens of the probiotic supplement Streptococcus salivarius K12 (Bactoblis) in adults in England. BMJ Open, 2026;16(9):e120406
- Sarlin S. et al. Streptococcus salivarius probiotics to prevent acute otitis media in children: a randomized clinical trial. JAMA Network Open, 2023;6(11):e2340608
- Wilcox C.R. et al. Effectiveness of the probiotic Streptococcus salivarius K12 for the treatment and/or prevention of sore throat: a systematic review. Clinical Microbiology and Infection, 2019;25(6):673-680
- Doyle H. et al. Effect of oral probiotic Streptococcus salivarius K12 on group A streptococcus pharyngitis: a pragmatic trial in schools. Pediatric Infectious Disease Journal, 2018;37(7):619-623
- Di Pierro F. et al. Use of Streptococcus salivarius K12 in the prevention of streptococcal and viral pharyngotonsillitis in children. Drug, Healthcare and Patient Safety, 2014;6:15-20
- Peng X. et al. Streptococcus salivarius K12 alleviates oral mucositis in patients undergoing radiotherapy for malignant head and neck tumors: a randomized controlled trial. Journal of Clinical Oncology, 2024;42(12):1426-1435
- Mei L. et al. Tongue brushing and oral probiotics for the treatment of halitosis: a randomized controlled trial. Journal of Breath Research, 2026;20(1)
- Yang Y. et al. Efficacy and safety of probiotic therapy for halitosis: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of Breath Research, 2025;20(1)
- He L. et al. The effect of Streptococcus salivarius K12 on halitosis: a double-blind, randomized, placebo-controlled trial. Probiotics and Antimicrobial Proteins, 2020;12(4):1321-1329
- Burton J.P. et al. Influence of the probiotic Streptococcus salivarius strain M18 on indices of dental health in children: a randomized double-blind, placebo-controlled trial. Journal of Medical Microbiology, 2013;62(Pt 6):875-884
- Burton J.P. et al. Evaluation of safety and human tolerance of the oral probiotic Streptococcus salivarius K12: a randomized, placebo-controlled, double-blind study. Food and Chemical Toxicology, 2011;49(9):2356-2364
- Hyink O. et al. Salivaricin A2 and the novel lantibiotic salivaricin B are encoded at adjacent loci on a 190-kilobase transmissible megaplasmid in the oral probiotic strain Streptococcus salivarius K12. Applied and Environmental Microbiology, 2007;73(4):1107-1113
- Wescombe P.A. et al. Streptococcal bacteriocins and the case for Streptococcus salivarius as model oral probiotics. Future Microbiology, 2009;4(7):819-835
- Burton J.P. et al. Beneficial microbes for the oral cavity: time to harness the oral streptococci? Beneficial Microbes, 2011;2(2):93-101
- Tagg J.R. et al. Beneficial modulation of human health in the oral cavity and beyond using bacteriocin-like inhibitory substance-producing streptococcal probiotics. Frontiers in Microbiology, 2023;14:1161155
- Kapil V. et al. Physiological role for nitrate-reducing oral bacteria in blood pressure control. Free Radical Biology and Medicine, 2013;55:93-100
- Singh B. et al. The effect of antibacterial mouthwash on blood pressure in humans: a scoping review. BMC Cardiovascular Disorders, 2026;26(1):807
- Akram Z. et al. Clinical efficacy of probiotics in the treatment of gingivitis: a systematic review and meta-analysis. Australian Dental Journal, 2020;65(1):12-20
- Commission européenne. Catalogue des nouveaux aliments, entrée Streptococcus salivarius (souches K12 et M18), mise à jour du 3 mars 2025. Food and Feed Information Portal
- Probi becomes « owner and partner » in Blis Technologies, 7 juillet 2021. NutraIngredients
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Avertissement médical : les informations de cet article sont fournies à titre informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent pas un avis médical, un diagnostic ou une prescription. Consultez un professionnel de santé qualifié avant toute supplémentation, particulièrement en cas de traitement médicamenteux, de grossesse ou de condition médicale chronique. Ne pas dépasser la dose journalière recommandée. Un complément alimentaire ne remplace pas une alimentation variée et équilibrée ni une bonne hygiène bucco-dentaire.
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